Caricaturiste, l’impossible métier

Caricaturiste, l’impossible métier
Connaissez-vous Rob Rogers (Pittsburg Post-Gazette), Steve Bell (Guardian), Ann Telnaes (Washington Post), Kevin Kallaugher (Baltimore Sun), Mike de Adder (Halifax Chronicle Herald) ? Ils ont en commun d’être parmi les plus renommés des caricaturistes d’éditoriaux au niveau international cumulant en moyenne 35 ans de métier dans le corps ( on peut dire en badinant qu’ils sont dans la ligue de Chapleau). Eh bien ils ont tous été limogés pour leur caricature se moquant des politiques de Trump (dans le cas de Bell, c’était un dessin de Netanyahou). On parle ici d’artistes récipiendaires des plus grands prix de journalisme (Pulitzer, Concours canadien de journalisme, National Press Foundation et j’en passe). Je ne sais pas ce qu’il faut de plus aux tenants de la théorie du roi qui nous martèle sur Truth Social que son règne est basé sur la liberté d’expression. Comme le disait feu Raymond Lévesque (auteur de la chanson Quand les hommes vivront d’amour « Les caricaturistes ont l’œil de la vérité. Il faut savoir regarder ».

Par-dessus cette guillotine qui attend les dessinateurs, il y a le politiquement correct et l’inclusion à tenir en ligne de compte. Les éditeurs demandent de créer des noirs aux cheveux blonds, aux lèvres minces et de croquer les Chinois avec des cheveux frisés, blonds également et de ne surtout pas mettre en évidence leurs deux palettes du devant. Décidément, être caricaturiste par les temps qui courent est devenu un impossible métier.

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