Tutoriel Aquarelle Peindre sur les lieux

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Peindre en direct sur les lieux est essentiel à mes yeux pour plusieurs raisons. En voici une énumération ;

1- L’artiste est obligé de prendre des raccourcis, de simplifier les problèmes de composition car le temps est limité lorsque l’on est à l’extérieur. Ce n’est pas la même chose lorsque l’artiste est en studio et qu’il a tout son temps.

2- Le fait de travailler plus rapidement se reflète dans un tableau. En effet, l’oeil averti peut  sentir les coups de pinceaux de l’artiste. Il y a une grande différence entre un travail que l’on appelle «léché» et une oeuvre réalisé sur le motif.

3- Quand nous sommes sur les lieux et que le temps passe, on peut noter toutes sortes de choses. Par exemple un nuage d’oiseaux peut arriver inopinément ou des personnages peuvent venir à passer. Ces détails ne sont pas visibles quand on travaille d’après une photo en studio. Ces petits détails que l’on peut ajouter à l’oeuvre la rehaussent très souvent et donnent plus de crédibilité à la scène. Elle rend le tout plus véridique, plus senti.

4- Le fait de dessiner en direct est un excellent exercice. Travailler en studio implique de tracer un dessin sur sa toile et ensuite d’y appliquer de la couleur. En direct, on ne trace pas, on dessine et cela se voit sur le tableau.

5- Travailler sur le motif est aussi un plaisir. On fait des découvertes visuelles intéressantes. Pour terminer, je vous laisse sur une citation du grand aquarelliste qu’est Raynald Murphy http://wwwartpleinair.blogspot.ca/

« Je peins régulièrement sur le motif en ville. Je ne m’attends pas à créer un chef-d’œuvre surtout en une demi-heure plus ou moins. Je travaille souvent sur une feuille de 10 par 13 pouces (25 x 32 cm). J’utilise un crayon HB ou 2B ou un stylo feutre à pointe mince pour le dessin. J’ajoute de la couleur à l’aquarelle et parfois quelques touches de gouache. Si je suis à court de temps ou à cause des intempéries, j’ajoute alors la couleur en studio de mémoire ou à l’aide de ma photo. (R. Murphy)»
Au début de cet article vous avez vu ma dernière réalisation sur le motif,  intitulée « Le vieux chêne ». Vous noterez que j’ai complètement éliminé les 2 pins à droite du chêne (voir la petite photo en haut). Pourquoi ? Parce qu’ils interféraient dans la composition simplifiée que je voulais rendre. Je devais travailler vite, la pluie allait bientôt tomber et ces deux pins interféraient avec les branches du chêne rendant le tableau plus difficile à lire si je les intégrais. Peindre, ce n’est pas simplement copier la réalité, c’est aussi composer une oeuvre graphiquement intéressante.