Quoi exagérer lorsqu’on dessine une caricature ?

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C’est une question que l’on me pose souvent. En fait, chaque individu a des particularités qui lui sont propres, mais, parfois, ce sont de subtiles différences que l’on remarque après une observation minutieuse du sujet. En effet, il y a des personnes qui sont de véritables caricatures ambulantes, ce qui, évidemment, est beaucoup plus facile pour un caricaturiste, tandis que d’autres se prêtent difficilement au jeu.

Par exemple, les jeunes enfants ou les personnes qui ont des traits réguliers sont beaucoup plus difficiles à cerner. Il m’est arrivé, lors d’un événement corporatif, de dessiner des femmes qui étaient des modèles pour une compagnie de produits de soins de la santé. Quelle difficulté, car elles se ressemblaient toutes. J’aurais pratiquement pu faire des photocopies de la caricature de l’une d’entre elles et la distribuer aux autres tellement elles avaient la même physionomie.

Je me souviens aussi de ces autobus transportant des touristes japonais qui débarquaient à Vancouver alors qu’en début de carrière, j’étais installé à Gastown à côté de l’horloge à vapeur. Ils se ressemblaient tous et j’aurais pu, là encore, distribuer des photocopies d’un modèle pré-dessiné tant ces visages étaient proches l’un de l’autre.

Il y a, par contre, des occasions où certaines personnes ou groupes de personnes sont très faciles à dessiner. Par exemple, j’ai couvert un festival de blues durant quelques années. Les bluesmans ont des tronches idéales pour la caricature. Ce sont tous des cartes de mode qui s’habillent d’une façon qui les caractérise de manière unique et leur physionomie est généralement très prononcée.

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Réaliser une caricature ressemblante, ce n’est pas simplement dessiner un visage, c’est aussi saisir l’esprit du personnage. Il faut trouver ce qui le caractérise. Est-ce un tic nerveux ou une habitude qu’il, ou qu’elle a développé?

Bref, plus on observe une personne et plus on dessine de croquis de cette dernière, meilleures sont nos chances de bien la représenter. C’est pourquoi, lorsque des artistes dessinent le visage de quelqu’un en 5 minutes sur les lieux publics, l’observateur attentif réalisera que certains modèles se ressemblent beaucoup plus que d’autres. Chez les modèles difficiles, on retrouve des similarités sur la caricature, c’est évident, mais l’essence même du personnage n’est pas toujours au rendez-vous. Cependant, si un modèle est facile à croquer, on peut faire un véritable chef-d’oeuvre en quelques minutes seulement.

Ainsi donc, pour en revenir à la question initiale, on exagère les traits qui différencient le modèle par rapport à la moyenne des gens et, pour y arriver, il faut beaucoup d’observation et de pratique.