Au fil des ans, j’ai réalisé qu’il était stimulant pour moi de délaisser un peu le dessin d’humour et d’y aller pour des oeuvres de type réaliste. J’aime changer mes façons de travailler et varier ma production. Cela nécessite de modifier les automatismes qui nous habitent lorsque l’on fait toujours les mêmes trucs. L’homme qui m’a fait découvrir l’aquarelle, Jean-Paul Ladouceur, avait l’habitude de dire qu’on ne peint bien que ce que l’on connaît bien. Ce sur quoi je suis parfaitement d’accord! Il nous répétait aussi de bien composer, de varier nos textures, d’ajuster nos valeurs et de faire chanter nos couleurs. Un bon professeur est, à mes yeux, irremplaçable et ses enseignements durent le temps d’une vie.


J’ai deux façons de faire des aquarelles réalistes. La première est de m’installer devant la scène et de peindre sur place. Cette manière de travailler est puissante, car nous sommes partie prenante du décor, ce qui, pour l’oeil averti, transparaît dans l’oeuvre. Il m’arrive aussi de prendre une photo et de réaliser le tableau en studio. C’est plus technique, on sent moins la touche, mais c’est beau aussi. De plus, l’hiver, lorsque l’eau gèle dans nos palettes, nous n’avons pas beaucoup le choix. Par opposition à un dessin d’humour qui nécessite une idée de base, une oeuvre réaliste s’apparente plutôt à un exercice d’interprétation de la scène et d’application des couleurs. «Il faut peindre pour le plaisir des yeux».